Phæthon lepturus / Paille en Queue

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Cet oiseau marin nichant sur les falaises donnant sur l’Océan Indien est l’emblème de La Réunion, figure sur le blason de Saint-Denis, sur les dérives d’Air Mauritius, sur de nombreux bijoux et aussi tatoué sur une foultitudes d’admirateurs locaux.
Il faut avouer que la bête est agile, racée et particulièrement gracieuse.
Taillé pour la mer, il vit en couple et passe des heures à tourner pas loin de chez lui, aussi efficace en vol et sur mer que maladroit sur terre. Ses courtes pattes très postérieures ne sont pas adaptées à la marche : gare à l’atterrissage. Par contre il est plus adroit à la chasse voire à la plongée, afin de ramener au nid calamars ou poissons volants.
J’ai capturé celui-ci, qui m’avait facilement repéré, du côté du Sud Sauvage à Piton Sainte-Rose (le coin de Grand Anse). Cinq spécimens tournoyaient ensemble, dans un balai aérien avec approche d’une petite falaise isolée. Je n’ai pas compris leur jeu, mais j’en ai bien profité!

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Sweat dreams with Amara

Une nuit difficile s’annonce à Rodrigues… Avec un peu de chance la bête passera juste à l’est et non pas pile sur la plus petite des Mascareignes. Cela promet de toute façon des pluies diluviennes, des vents soutenus à plus de 100 km/h et une vague de tempête de plusieurs mètres… Voisins Rodriguais : Respect.

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Playa

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Samedi plage, plus que mer.
Il faut dire que c’est le cœur de l’hiver : alizés, 25° et mer à 23… On se gèle et il n’y a que les touristes et les zoreys de la dernière fournée pour aller titiller le Baliste.
Les marmailles ont pu creuser, courir, et Lulu s’est essayé à la Slack Line, bien sur ça lui plaît!
Myo partage la frilosité créole, et au retour de la plage, à l’instar des Grands-Bretons, c’est thé recommandé!
Un comble, n’est-il pas?

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Chelonia mydas

La tortue verte de Saint-Gilles-les-Bains (elle n’est pas seule, mais faisons-lui cet honneur) !
Je vous invite par la même occasion à un beau voyage photo sur la page flickr d’un compatriote réunionnais plutôt habile de l’obturateur et du caisson étanche : Reunion Underwater Photography

Chelonia mydas / Green Turtle ©Reunion Underwater Photography

Requin et Requin,5

La synthèse excellente et manifestement bien informée sur la situation requin de notre petit spot de l’Océan Indien est sur AgoraVox.

A la Réunion depuis deux ans, les surfeurs (et les journalistes) font beaucoup de mal aux requins

Mais que ce passe-t-il donc à la Réunion ? Des monstres sanguinaires surgissent des profondeurs, et happent la vie d’innocentes victimes ? Holà, on ne se laissera pas faire, sus aux monstres prêts à égorger nos fils et nos compagnes !

Bon, ça c’est le pain blanc des journalistes, pour qui flatter la peur ou titiller le fantasmatique a toujours fait vendre du papier. Mais qu’en est-il vraiment ?

Depuis deux ans, rien ne va plus à la Réunion, car la côte ouest est touchée. Celle des belles plages, des surfeurs bronzés, du buziness de la pêche au gros et des touristes en goguette. On a eu 9 événements dont 7 à l’ouest, de bénins à mortels, en deux ans. Ah oui, ça frappe ! C’est qu’on avait rien eu avant vous comprenez.

Est-ce bien sûr ? Avant, pour promouvoir le tourisme, les attaques à l’ouest n’ont officiellement jamais existé. Il y a bien eu quelques corps disparus en mer, mais noyés très certainement, défendu d’évoquer autre chose. Cependant et même si on se cantonne aux chiffres officiels, les experts statisticiens qui doivent juger de l’augmentation de fréquence d’événements somme toute assez rares, bottent en touche pour affirmer quoi que ce soit sur la durée.

Oui mais quand même, cette bête malfaisante attaque à présent sans raison ! Enfin, voyons plutôt ça de près… Les situation à risque majoré d’accident, on les connaît : la présence de sang attirent les squales, et ces chasseurs-charognards tel le requin bouledogue adorent quand l’eau est trouble. Dotés d’une excellente vue, cette situation, comme celle du lever et du coucher du jour où la visibilité diminue, leur donne un net avantage sur leur proie, et ils y affectionnent d’y chasser. Il y a bien aussi un risque d’erreur par confusion, mais bon c’est pas trop grave car ces requins sont capables de digérer à peu près n’importe quoi.

Alors quoi, il suffirait de sortir de l’eau si on saigne (ou si on fait saigner du poisson), et ne pas se mettre à l’eau quand elle est trouble ? C’est là que ça se complique.

Parlons à présent un peu de ce beau sport qu’est le surf. Cette communion avec la vague, chevaucher la puissance de l’océan, cette glisse extraordinaire,… trop bon, vraiment. A tel point que ça peut devenir une passion et même une addiction, on devient accro, et prêt à beaucoup sacrifier pour y aller, quand la vague est belle. Et là, justement quand la vague est belle, on-s’en-fout des signaux, on y va. Les accidents, c’est pour les autres, et de toutes façon ça n’arrive pratiquement pas. Alors, ne ratons pas la belle vague ! A part la rareté de ces belles vagues, un problème en surf, c’est les autres surfeurs. Il n’y en a qu’un qui peut partir à chaque vague. Alors comme on est de plus en plus nombreux à attendre, on va davantage là où on allait pas avant. Des spots pas trop clairs, des heures pas trop sûres, des eaux franchement troubles. Et comme tous les addicts, on est un peu menteur et beaucoup irresponsable, si il nous arrive une merde, ce n’est pas de notre faute c’est celle des autres. N’importe quel autre. L’élevage de poissons, la ferme à tortues, la réserve marine, le préfêt, le Maire de la commune… Assasins, tous assassins !!

Sérieusement. En février 2011, le Marseillais qui a perdu une jambe, il ne débarquait pas de l’avion comme vous pouvez le lire partout, il surfait du matin au soir depuis une semaine. Lors de l’accident, l’eau était trouble à Perroquet, et c’était presque la nuit. Puis celui qui est mort à Petit Boucan en juin, nuit tombante et fortes pluies rendaient l’eau marron. Le jeune qui s’est fait détruire sa planche aux Roches Noires en juillet, cela faisait deux jours que les maîtres nageurs lui intimaient de sortir de l’eau tant elle était trouble. Coup de tonnerre en septembre, un prof de surf apprécié se fait déchiqueter devant ses copains sur la plage de Boucan Canot. Oui, mais grosses vagues, eau laiteuse tellement elle était trouble. Il connaissait son affaire, mais prenait des risques pour sa passion, comme d’autres. Moins claire, l’affaire du kayakiste « innocent » d’octobre En fait il aurait été en train de remonter du poisson, le requin suivant la ligne serait monté sur son kayak en même temps que son poisson. D’accord il ne le raconte pas comme ça, car il était dans la réserve, mais ce n’est pas un secret pour les habitués (d’ailleurs c’est rigolo quand il est tombé à l’eau le requin s’est sauvé vite fait, quelle terreur celui-là). Je mets l’apnéiste de novembre dans le même sac ; il chassait, avait du poisson blessé, et il ne s’en défend pas. Alors messieurs les journalistes, pourquoi ne le dites-vous pas ? En mars 2012, un accident à l’est, spot beaucoup moins fréquenté à cause d’eaux toujours réputées dangereuses, curieusement pas de témoins pas d’égratignures, bon ok on est déjà en pleine psychose, alors on alimente. Le mois dernier, en juillet, spot de Trois Bassins, c’est dans la « reforme » que cela s’est passé, c’est à dire dans les bulles quasi permanentes par grosse houle, qui tapissent la mer après la cassure des vagues, que la victime reçoit une morsure mortelle, autant dire encore zéro visibilité pour le squale. Enfin aujourd’hui 5 octobre, à Saint Leu, c’est à la tombée de la nuit à 17h30 (c’est l’hiver à la Réunion) qu’un surfeur y laisse une main. Ca devait arriver puisqu’encore maintenant quand la « gauche » de Saint Leu est belle, les surfeurs restent couramment sur ce spot bien après le coucher du soleil. Se croient-ils protégés par les déclarations tonitruantes de leur maire ?

Il faudrait déjà redresser le langage. Il s’agit à chaque fois d’accidents, regrettables et souvent dramatiques certes, mais pas d’attaques. Sinon, le requin nous attaquerait en eaux claires, et on serait tous morts. C’est comme cette fable selon laquelle un surfeur ressemblerait à une tortue… Une tortue ressemble encore plus à une tortue, non ? Pourtant, de Saint Leu au Cap la Houssaye (la zone ouest de la Réunion), chaque plongeur ou nageur régulier reconnait régulièrement sa petite tortue habituelle, sédentaire et toujours vivante. La réalité est plus simple, le requin est craintif (rares sont les plongeurs, même professionnels, à en avoir vu à la Réunion), et quand il a mordu, les conditions étaient telles qu’il n’a pas pu voir ce qu’il mordait.

On tente à grands frais de marquer ces animaux pour mieux les connaître, mais quand fera-on une étude comportementale des surfeurs ? Au lieu de ça et pour récupérer de l’argent, la ligue de surf prend la population en otage en intimant aux maires d’interdire la baignade en mer, alors que jamais un nageur n’a été inquiété. Et les pêcheurs, aidés de maires populistes font pression pour obtenir l’autorisation de pêcher nuit et jour, c’est à dire sans contrôle, dans la réserve marine, en « surfant » sur l’émotion entretenue par les journalistes.Tout ce petit monde s’intitulant « amoureux de la mer », voudrait à présent pouvoir tout sortir de l’eau, annihilant les efforts des écologistes et des scientifiques, afin de pouvoir surfer tout le temps et par toutes les conditions, ou à défaut gagner un petit peu de monnaie.

Les requins sont des fossiles vivants, présents sur cette terre depuis bien plus longtemps que nous, témoins et victimes de l’avènement de notre puissance . Mais nous avons la capacité de nous adapter. Alors, oui, il est possible de cohabiter, en respectant les règles de prudence. Il faut arrêter de détruire notre monde.

Zinfos

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On a eu les ours.
On a eu les loups.
On a eu les lynx.
On a eu les aigles.
On aura les requins.
Ce n’est pas un problème…
La connerie et la sauvagerie sont deux ressources inépuisables.
Les surfeurs – en tant qu’espèce aquatique – vont pouvoir retourner, joyeux, faire ce qu’ils veulent sur leurs putains de vagues de cons. Ils continueront quand même à se faire bouffer, l’océan indien est infesté de requins féroces, et ils ont faim : le poisson on le pêche à la tonne.
Ce ne sont pas les actionnaires de la SAPMER qui s’en plaindront, sa puissance de pêche et son efficacité ne font que croitre.

Des paroles aux actes. Thierry Robert vient de transmettre au service de la légalité de la Préfecture un arrêté municipal autorisant la pêche des requins bouledogues sur son espace maritime. « La chasse au requin bouledogue est autorisée, par tous moyens, y compris par chasse sous-marine, de jour comme de nuit, sur tout le territoire maritime de la commune de Saint-Leu, placé sous la responsabilité du maire au regard du code général des collectivités territoriales (du rivage jusqu’à une limite fixée à 300 mètres à compter de la limite des eaux). Cependant, pour que cette pêche ne se fasse pas au noir, la mairie prévoit de récupérer les prédateurs tués. Les requins bouledogues devront être remis aux services de la commune sur le port de plaisance de la ville », mentionne l’arrêté. Enfin, vu le peu d’attrait économique que représente l’espèce concernée, la commune s’engage à acheter les requins bouledogues « de plus d’un mètre cinquante obtenus par tous pêcheurs ou chasseurs, au départ de la ville de Saint-Leu, au prix de deux euros par kilogramme de poids vifs et dans la limite de trente requins bouledogue à compter de la publication du présent arrêté. » Comme tout acte administratif cependant, rappelons que cet arrêté peut être contesté et faire l’objet d’un recours administratif dans un délai de 2 mois à compter de sa publication. Une fois transmis en préfecture, la mise en application de l’arrêté n’est qu’une question d’heures.

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L’opinion, très juste de Sea Shepherd, des activistes écologiques pas toujours très délicats. Mais être écolo, surtout en mer, c’est une véritable guerre.

Sur l’île de la Réunion, les requins restent les éternels boucs émissaires d’un préfet dépassé

Le 23 juillet dernier, un jeune surfeur de 22 ans a trouvé la mort suite à un tragique accident impliquant un requin. Nous regrettons ce drame et nous adressons nos sincères condoléances à la famille du jeune homme. Néanmoins nous sommes sidérés de voir que le Préfet de la Réunion, Monsieur Michel Lalande se laisse aller aux mêmes errances que lors du dernier accident en septembre 2011 où il s’était laissé convaincre d’autoriser des battues « préventives » ciblant les requins dans la Réserve Marine. L’article 10 du décret relatif à la création de la Réserve Marine est pourtant très explicite: « Les activités sportives, ludiques, pédagogiques, touristiques et de promenade ne doivent pas porter atteinte l’intérêt et au patrimoine de la réserve. Elles peuvent être réglementées par le préfet. »

Soit, mais alors que faire quand le dit préfet se laisse dépasser par la situation et cède à la pression des associations de surfeurs et de professionnels du nautisme? Monsieur Lalande vient en effet de juger opportun d’inciter ces derniers à encourager (financièrement) des pêcheurs professionnels à tuer les requins dans certaines zones de la réserve marine. Les requins bouledogues sont impropres à la consommation en raison de la contamination de leur chair, les individus massacrés le seraient donc pour la seule raison qu’ils sont considérés comme des « gêneurs » par certains « usagers de la mer ». Aujourd’hui, après 400 millions d’années de bons et loyaux services rendus à l’écosystème océanique, les requins ne sont devenus persona non grata et sont en passe d’être sacrifiés sur l’autel de nos loisirs.

Hormis le problème éthique incontestable posé par une telle déclaration, Monsieur Lalande met aussi en péril le programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte ouest de la Réunion), confié à l’IRD du département (Institut de Recherche pour le Développement) et lancé le 18/10/2011. Ce programme qui a déjà coûté 700 000 euros au contribuable vise à mieux comprendre le comportement des requins pour mieux gérer les risques.

On sait que les facteurs favorisant les accidents avec les requins sont multiples et ils sont tous –sans exception- de nature anthropiques (gestion des déchets, surpêche, urbanisation…). Autant de chantiers nécessitant bien plus d’efforts et de travail qu’une battue de requins, nos politiciens l’ont bien compris et Monsieur Lalande n’est pas le seul.

En effet, le 27 juillet, à l’Assemblée Nationale, sans autre élément de preuve que celui d’en être « convaincu », Monsieur Didier Robert, député Mo Dem et Maire de Saint Leu a pointé du doigt la Réserve Marine, l’accusant d’être responsable de la présence des requins. Voilà une façon bien démagogique et politicienne de « surfer » sur la mort de la dernière victime. Un arrivisme qui n’est pas sans rappeler l’envolée vindicative d’Eric Raoult, député UMP qui appelait à une battue contre les « requins mangeurs d’hommes » en octobre dernier, suite à la mort d’un surfeur.

Monsieur T.Robert se dit soucieux de la sécurité de ces concitoyens, ce qui est tout à son honneur. Il est vrai qu’en 2011, la Réunion a du déplorer deux décès suite à des accidents impliquant des requins. Soit, mais on est alors en droit de s’étonner que Monsieur Robert au vu de son grand humanisme, n’ai pas encore pris pas à bras le corps le problème de la sécurité routière, responsable de la mort de 757 personnes à La Réunion sur les 10 dernières années (dont 42 en 2011) ou encore de la violence conjugale qui a coûté la vie à 6 femmes sur l’ile pour la seule année dernière. Comment interpréter ce deux poids- deux mesures? Les morts qui surviennent dans le cadre d’activités de loisirs sont telles plus intolérables et insupportables que celles qui frappent les citoyens dans leurs déplacements journaliers ou dans leur vie de famille?

En réalité, Monsieur T.Robert et Monsieur Lalande l’ont bien compris : il est plus simple de tuer les requins que d’éduquer les automobilistes et les maris violents. Mais s’il pense pouvoir acheter la paix sociale en livrant les requins à la vindicte populaire, Monsieur le Préfet pourrait avoir de mauvaises surprises. La biodiversité marine -requins inclus- sert l’intérêt vital de tous, contrairement aux associations sportives et nautiques qui ne défendent que l’intérêt superflu de quelques uns. C’est aussi sur cette faculté de discernement que le Préfet sera jugé… par le peuple, justement.

Saluons au passage, la députée Maire de Saint Paul, Madame Huguette Bello, qui se démarque par une attitude empreinte de bon sens et ne cède pas à la pression d’une minorité, au détriment de l’intérêt général. Une attitude suffisamment rare dans l’arène politique pour être soulignée.

A noter aussi pour l’anecdote que 2012 est apparemment « Année de la Biodiversité et de l’Environnement » à La Réunion. C’est du moins ce qui est mis en avant sur le site officiel de la Région Réunion…

Lamya ESSEMLALI
Présidente Sea Shepherd France
http://www.seashepherd.fr
contact@seashepherd.fr

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