Phæthon lepturus / Paille en Queue

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Cet oiseau marin nichant sur les falaises donnant sur l’Océan Indien est l’emblème de La Réunion, figure sur le blason de Saint-Denis, sur les dérives d’Air Mauritius, sur de nombreux bijoux et aussi tatoué sur une foultitudes d’admirateurs locaux.
Il faut avouer que la bête est agile, racée et particulièrement gracieuse.
Taillé pour la mer, il vit en couple et passe des heures à tourner pas loin de chez lui, aussi efficace en vol et sur mer que maladroit sur terre. Ses courtes pattes très postérieures ne sont pas adaptées à la marche : gare à l’atterrissage. Par contre il est plus adroit à la chasse voire à la plongée, afin de ramener au nid calamars ou poissons volants.
J’ai capturé celui-ci, qui m’avait facilement repéré, du côté du Sud Sauvage à Piton Sainte-Rose (le coin de Grand Anse). Cinq spécimens tournoyaient ensemble, dans un balai aérien avec approche d’une petite falaise isolée. Je n’ai pas compris leur jeu, mais j’en ai bien profité!

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Petits veinards!

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Une journée pareille, c’est tout à fait exceptionnel… Sûrement la seule de 2013. Alors il faut rendre justice à la Météo, moi qui râle toujours, mais souvent a juste titre, sur le temps qu’il fait quand je ne suis pas en réa : elle fut incroyable.
Première bizarrerie, temps gris voire carrément bouché sur le Piton des Neiges, le Sud sauvage et même l’Ouest jusqu’au Cap La Houssaye, et grand beau affiché sur le grand Est toujours si vert… On y va!
Seconde bizarrerie, ceci perdure toute la journée, et au lieu de voire les hauts se couvrir assez tôt, le temps se dégage de plus en plus au cours de la matinée, laissant l’occasion de monter jusqu’à l’usine électrique de Takamaka au alentours de midi, après notre tour des bassins de la Rivière des Roches, une heure à laquelle on n’est plus censé y voir grand chose.
Pour mémoire, cet endroit cumule presque tous les records mondiaux de pluviométrie… Respect!
Profiter d’une vue exempte de nuages là-haut est, vous l’avez bien compris, rare! J’ai eu cette vaine et fait la photo!
En cause pour expliquer cette rareté, sûrement les effets du cyclone Imelda, qui fait sa capricieuse du côté de Rodrigues, en clôture de la saison cyclonique (très intense cette année). Un vent fort soufflait sur l’est, chassant l’humidité de l’autre côté de l’île.
La redescente permit de capturer un plan verdoyant sur les cannes en pleine pousse, et qui seront très probablement bien arrosées dès demain!

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Pour finir, quelques plans ensoleillés sur les bassins de la Rivière des Roches… Et un joli hibiscus sur le bord du sentier!

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Salazie – Bébour

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Randonner à Salazie – ou pire à Bélouve – expose toujours au risque de voir se transformer la balade en brasse coulée, et c’est avec attention qu’il faut scruter les webcams du cirque pour décider d’y monter. En ce joli jour de novembre, l’Est était une destination idéale, en théorie et en pratique.
Grimper à Bélouve depuis le Cirque de Salazie c’est presque plus rapide que de s’y rendre en voiture, tant cette forêt est reculée et préservée. La promenade en vaut le coup, surtout si comme moi on a la chance de profiter du panorama en marchant.
On débute en ville, Hell-Bourg la typique, l’indomptée. Pas vraiment d’hôtel, un superbe Gîte de France, de magnifiques cases créoles… Le village a de quoi séduire, admirablement préservé, dans son jus, rien du XXIè siècle ne semble encore l’avoir atteint… pas plus que beaucoup de la fin du XXè d’ailleurs! Les cases sont belles, coquettes, abîmées, ruinées, mais jamais bien riches. Il faut dire que Salazie ne tire ses ressources que d’activités à faible valeur ajoutée : chouchous, brèdes, bois de songe, un peu de pisciculture, beaucoup d’élevage de volaille et un peu de porc, et sûrement d’autres que j’ignore! Le reste c’est le tourisme, au demeurant plus que raisonnable, et très sportif.
En ce jour de semaine, sur les sentiers, rien que des seniors, grands fanas de cette période d’octobre-novembre : pas trop chaud, souvent beau, période scolaire en métropole et ici bas (pas de petits enfants à garder!).
La grimpette est ardue mais pas dangereuse, constante, parfaite pour la défoule! On découvre au fur et à mesure les reliefs que cache le piton d’Anchaing, du nom de l’esclave marron qui en fit jadis son refuge, surmontant tout le cirque. On transpire un peu sur le sentier, c’est qu’il y a 600 mètres de dénivelé à enfiler avant l’arrivée, étrange, sous les anciennes poutres du téléphérique, victime lui aussi d’un cyclone tropical. Là-haut : le gîte de Bélouve, superbe et accueillant, presque inaccessible en voiture : typique, précédé de champs d’arums, une espèce envahissante trop photogénique. Je n’y déjeune pas, j’ai prévu mon sandwich achards (crudités au curcuma et piments) en bas (2,50 €, raisonnable). Je le croque sous les tamarins de la forêt de Bélouve que je sillonne durant plus d’une heure via le sentier de la tamarinaie, superbe et primaire, au milieu des fougères et d’espèces endémiques totalement préservées, à plus de 15 km et un col du premier village des « Plaines ».
La boucle ne tarde pas à se compléter, et la descente, qui peut se faire à bonne allure, m’attend et sera rapide. Une très agréable sortie, à 1 heure et quelque du chef-lieu. Bon! Place aux pixels…!

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Bélouve la Magnifique

Dans un prochain billet, promis, je vous emmène de Hell-Bourg à Bébour, puis en Forêt de Bélouve, au cours d’une journée exceptionnelle d’été débutant et toujours sec.
En attendant : le meilleur. Bélouve, inquiétante forêt primaire humide et boueuse, s’offre sous un soleil radieux au plaisir d’un panoramique unique.

Après l’effort

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En récup´ après une bonne semaine réanimatoire, je n’ai pas boudé mon plaisir d’aller bat carré (randonner) Rivière du Mât, dans l’est hier très ensoleillé.
Une fois acceptée l’idée de devenir la principale source de protéines de la prochaine ponte dAedes albopitcus femelle, on profite encore mieux des sorties à pied du côté des rivières et bassins de la région de St. André et St. Benoît…
Cette fois il s’agit de remonter le long du lit de la rivière. Celle-ci, tumultueuse et volontiers dangereuse, donne son nom à un distillat de canne sucrière un peu plus haut en saveur et qualité que le pâle mais efficace Charette™, source d’alimentation exclusive d’une triste proportion d’insulaires.
La promenade est facile, un moment carrément plate, dans le fond de l’ancien canal d’adduction destiné à la ville de Rivière du Mât, et prenant source au Bassin de la Mer (que les initiés sauront ne pas confondre avec le Bassin la Mer, sur la Rivière des Roches!). Longtemps la fourniture continue d’eau claire a été le privilège des nantis et surtout des propriétaires agricoles, la canne étant grande consommatrice d’eau, leurs belles demeures se payant le luxe d’avoir l’eau « courante » au pieds de leurs murs.
L’adduction reste calquée sur ce modèle, l’île ne disposant quasi pas de nappes phréatiques étant donné sa nature basaltique. Les bassins et rivières pérennes fournissant aux villes en contrebas une eau aux qualités variables : lors des fortes pluies d’été, le ruissèlement aidant, l’eau du robinet n’est pas toujours potable. De plus, les canalisations cheminant à flanc de falaise reçoivent alors les galets libérés par les pluies, et c’est ainsi que, percées, 50% de leur contenu d’origine seulement finit au compteur de Véolia ou autre.
Au cours de la modeste ascension, on croise quelques cases la tôle, petites bicoques assaillies de moustiques, défendues par de maigres cabots (attention au faux-ami, en créole le cabot se trouve dans les culottes des messieurs!) peu féroces. Leurs propriétaires cumulent souvent RMI, revenues de la terre (bananes, bois de songe – en photo, chouchous) vendus sur le bord des routes, pêche, élevage de volailles et entraide, surtout familiale. Une chiche vie, mais sans honte ni misère, sur le même mode que celle des moins nantis il y a deux siècles.
Dans les bambous, des hordes de tisserins bâtissent leurs villes de nids suspendus. La femelle choisira le meilleur nichoir pour y pondre, faisant refaire plusieurs fois le travail a son partenaire jusqu’à obtention d’un abris sur pour ses œufs. Le signe de son approbation? Elle ne décroche pas le nid qu’elle adopte! Ainsi on trouve au sol de multiples tentatives avortées, d’où ma photo.
Là ou j’étais, point de baignade : trop de courants… Ailleurs, une prochaine fois…?
Et puis faut se dépêcher de filer à la sortie d’école : pour une fois!

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