Víti

Le Víti, en islandais « enfer », s’est ouvert en une fois…
De la lave, un glacier dessus, il fond rapidement, coule dans la roche en fusion, et paf, la cocotte minute perd son couvercle… fait de millions de tonnes de roche devenues bombes… BOOM!
Heureusement, là, y’a plus d’jus sous la marmite…!

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Ça fume…

… ça pue, ça pète. L’Islande, c’est un fin pays!
Mais souffrez-y que vous y sentiez le soufre, par le nez, mais aussi sur la peau, dans les cheveux, sur vos vêtements, surtout en côtoyant les entrailles de la planète. Nous sillonnons depuis quelques jours le rift atlantique, dans la seule zone du monde ou il n’est pas enfoui sous des milliers de mètres d’eau salée. C’est comme être dans le nombril de la Terre.
Les failles sont partout.
La dernière s’est ouverte en quelques secondes sur 9 km, crachant sa lave en de nombreuses fontaines plus ou moins éphémères.
Les tripes de la planète sont si proches que l’on en ressent les contorsions, les spasmes et que l’on en piétine ou évite les ouïes, parfois sombres et calmes, parfois grises et bouillonnantes, parfois jaunes et brûlantes, ou bien bleues, turquoises, presque accueillantes. Mais il ne faut pas s’y tromper, le volcan ici vit, l’Homme lui s’en accommode mais avec un humble respect. L’histoire est émaillée de petites et d’énormes manifestations telluriques.
Par exemple, le Laki déversa dans l’atmosphère et sur la lande des milliards de mètres cubes de lave. Pour vous faire une idée : imaginez un cube parfait de 2,5 km de côté, rempli de roche liquide, imaginez qu’il se vide en moins d’un an, vous avez l’éruption de 1783.
Un tel phénomène est inimaginable, pourtant ses conséquences le sont. Les bêtes broutant l’herbe empoussiérée s’intoxiquent au fluor, leurs os se ramollissent, ils perdent leurs dents, et au final 70% décèdent. Les Islandais vivent une famine terrible. Les poussières atmosphériques font que les chinois nommeront cette année « l’année rouge », l’Europe se rafraîchit par défaut d’ensoleillement, la famine se répand. En France le peuple s’agace, il a faim. Les jacqueries du XVIIIè finissent en Révolution… Laki a parlé. Le monde est à l’écoute pendant des années.
Le prochain sur la liste est prometteur : le bien nommé Hekla s’active tous les 40 à 50 ans. Dernière en date : 1918…

Fin de la pause trop humide sur la faille demain, aujourd’hui c’était randonnée sur les laves de 1982, par 3°C, brume et vent. Terrible. Décoiffant. Extraterrestre.

Húsavík

En ce grand jour de Fête Nat’ nous avons fait halte à Húsavík.
Non pas que nous comptions y trouver le beau temps, non pas, ce deuil douloureux est désormais fait : nous y avions rendez-vous.
13:30 embarquement pour l’observation des baleines (oui, oui, dès la seconde on peut utiliser le pluriel… Ouf, c’est passé juste…).
Je vous laisse vous délecter de ce à quoi ce splendide petit port de pêche à l’allure charmante – même dans la brume – peut ressembler grâce à votre moteur de recherche préféré, en tout cas le spot a parfaitement réussi sa reconversion. En effet jadis haut lieu de la chasse aux cétacés, il est désormais l’emblème de la protection des mammifères marins de tous bord (carnivores certes, mais de plus ou grosses bestioles!).
Passage et animation garanties, susceptible de faire oublier la météo… Mouais.
Il faut le dire, les touristes – j’en suis et le revendique ici – sont au bord de la crise de nerf… Pas les locaux, plus philosophes lorsqu’ils expliquent qu’il pleut depuis presque deux semaines dans l’est et le nord, et que nous vivons l’été le plus pourri de ces quinze dernières années…
Putain.
Ça fait carrément chier.
Bon, voilà, c’est fait, j’ai juré sur internet.
Ça fait ni bien, ni mal, ça fait pas chic, et je m’en cogne, en plus je suis malade.
Merde.
Vive la France.

Sans rancune, c’est pas de sa faute.