Zinfos

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On a eu les ours.
On a eu les loups.
On a eu les lynx.
On a eu les aigles.
On aura les requins.
Ce n’est pas un problème…
La connerie et la sauvagerie sont deux ressources inépuisables.
Les surfeurs – en tant qu’espèce aquatique – vont pouvoir retourner, joyeux, faire ce qu’ils veulent sur leurs putains de vagues de cons. Ils continueront quand même à se faire bouffer, l’océan indien est infesté de requins féroces, et ils ont faim : le poisson on le pêche à la tonne.
Ce ne sont pas les actionnaires de la SAPMER qui s’en plaindront, sa puissance de pêche et son efficacité ne font que croitre.

Des paroles aux actes. Thierry Robert vient de transmettre au service de la légalité de la Préfecture un arrêté municipal autorisant la pêche des requins bouledogues sur son espace maritime. « La chasse au requin bouledogue est autorisée, par tous moyens, y compris par chasse sous-marine, de jour comme de nuit, sur tout le territoire maritime de la commune de Saint-Leu, placé sous la responsabilité du maire au regard du code général des collectivités territoriales (du rivage jusqu’à une limite fixée à 300 mètres à compter de la limite des eaux). Cependant, pour que cette pêche ne se fasse pas au noir, la mairie prévoit de récupérer les prédateurs tués. Les requins bouledogues devront être remis aux services de la commune sur le port de plaisance de la ville », mentionne l’arrêté. Enfin, vu le peu d’attrait économique que représente l’espèce concernée, la commune s’engage à acheter les requins bouledogues « de plus d’un mètre cinquante obtenus par tous pêcheurs ou chasseurs, au départ de la ville de Saint-Leu, au prix de deux euros par kilogramme de poids vifs et dans la limite de trente requins bouledogue à compter de la publication du présent arrêté. » Comme tout acte administratif cependant, rappelons que cet arrêté peut être contesté et faire l’objet d’un recours administratif dans un délai de 2 mois à compter de sa publication. Une fois transmis en préfecture, la mise en application de l’arrêté n’est qu’une question d’heures.

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L’opinion, très juste de Sea Shepherd, des activistes écologiques pas toujours très délicats. Mais être écolo, surtout en mer, c’est une véritable guerre.

Sur l’île de la Réunion, les requins restent les éternels boucs émissaires d’un préfet dépassé

Le 23 juillet dernier, un jeune surfeur de 22 ans a trouvé la mort suite à un tragique accident impliquant un requin. Nous regrettons ce drame et nous adressons nos sincères condoléances à la famille du jeune homme. Néanmoins nous sommes sidérés de voir que le Préfet de la Réunion, Monsieur Michel Lalande se laisse aller aux mêmes errances que lors du dernier accident en septembre 2011 où il s’était laissé convaincre d’autoriser des battues « préventives » ciblant les requins dans la Réserve Marine. L’article 10 du décret relatif à la création de la Réserve Marine est pourtant très explicite: « Les activités sportives, ludiques, pédagogiques, touristiques et de promenade ne doivent pas porter atteinte l’intérêt et au patrimoine de la réserve. Elles peuvent être réglementées par le préfet. »

Soit, mais alors que faire quand le dit préfet se laisse dépasser par la situation et cède à la pression des associations de surfeurs et de professionnels du nautisme? Monsieur Lalande vient en effet de juger opportun d’inciter ces derniers à encourager (financièrement) des pêcheurs professionnels à tuer les requins dans certaines zones de la réserve marine. Les requins bouledogues sont impropres à la consommation en raison de la contamination de leur chair, les individus massacrés le seraient donc pour la seule raison qu’ils sont considérés comme des « gêneurs » par certains « usagers de la mer ». Aujourd’hui, après 400 millions d’années de bons et loyaux services rendus à l’écosystème océanique, les requins ne sont devenus persona non grata et sont en passe d’être sacrifiés sur l’autel de nos loisirs.

Hormis le problème éthique incontestable posé par une telle déclaration, Monsieur Lalande met aussi en péril le programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte ouest de la Réunion), confié à l’IRD du département (Institut de Recherche pour le Développement) et lancé le 18/10/2011. Ce programme qui a déjà coûté 700 000 euros au contribuable vise à mieux comprendre le comportement des requins pour mieux gérer les risques.

On sait que les facteurs favorisant les accidents avec les requins sont multiples et ils sont tous –sans exception- de nature anthropiques (gestion des déchets, surpêche, urbanisation…). Autant de chantiers nécessitant bien plus d’efforts et de travail qu’une battue de requins, nos politiciens l’ont bien compris et Monsieur Lalande n’est pas le seul.

En effet, le 27 juillet, à l’Assemblée Nationale, sans autre élément de preuve que celui d’en être « convaincu », Monsieur Didier Robert, député Mo Dem et Maire de Saint Leu a pointé du doigt la Réserve Marine, l’accusant d’être responsable de la présence des requins. Voilà une façon bien démagogique et politicienne de « surfer » sur la mort de la dernière victime. Un arrivisme qui n’est pas sans rappeler l’envolée vindicative d’Eric Raoult, député UMP qui appelait à une battue contre les « requins mangeurs d’hommes » en octobre dernier, suite à la mort d’un surfeur.

Monsieur T.Robert se dit soucieux de la sécurité de ces concitoyens, ce qui est tout à son honneur. Il est vrai qu’en 2011, la Réunion a du déplorer deux décès suite à des accidents impliquant des requins. Soit, mais on est alors en droit de s’étonner que Monsieur Robert au vu de son grand humanisme, n’ai pas encore pris pas à bras le corps le problème de la sécurité routière, responsable de la mort de 757 personnes à La Réunion sur les 10 dernières années (dont 42 en 2011) ou encore de la violence conjugale qui a coûté la vie à 6 femmes sur l’ile pour la seule année dernière. Comment interpréter ce deux poids- deux mesures? Les morts qui surviennent dans le cadre d’activités de loisirs sont telles plus intolérables et insupportables que celles qui frappent les citoyens dans leurs déplacements journaliers ou dans leur vie de famille?

En réalité, Monsieur T.Robert et Monsieur Lalande l’ont bien compris : il est plus simple de tuer les requins que d’éduquer les automobilistes et les maris violents. Mais s’il pense pouvoir acheter la paix sociale en livrant les requins à la vindicte populaire, Monsieur le Préfet pourrait avoir de mauvaises surprises. La biodiversité marine -requins inclus- sert l’intérêt vital de tous, contrairement aux associations sportives et nautiques qui ne défendent que l’intérêt superflu de quelques uns. C’est aussi sur cette faculté de discernement que le Préfet sera jugé… par le peuple, justement.

Saluons au passage, la députée Maire de Saint Paul, Madame Huguette Bello, qui se démarque par une attitude empreinte de bon sens et ne cède pas à la pression d’une minorité, au détriment de l’intérêt général. Une attitude suffisamment rare dans l’arène politique pour être soulignée.

A noter aussi pour l’anecdote que 2012 est apparemment « Année de la Biodiversité et de l’Environnement » à La Réunion. C’est du moins ce qui est mis en avant sur le site officiel de la Région Réunion…

Lamya ESSEMLALI
Présidente Sea Shepherd France
http://www.seashepherd.fr
contact@seashepherd.fr

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