D’Electrolux™, de BUT, de l’expatriation et de l’impact CO2

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Lorsque l’on imagine les palmiers, les lagons turquoises, les alizés rafraîchissants un peu les 28 – 32° ambiants, les piscines à débordement à peine fraîches et les douces créoles sirotant négligemment un ti’punch frappé, les jambes croisées ingénument voilées d’un paréo Pardon™, on scotomise avec détermination les impératifs logistiques, économiques, écologiques et socio-planétaires qui sont les fondations de ce mirage pérenne. Et là, je pèse mes mots, mes adjectifs, mes adverbes et le reste.
A ce propos, la passionnante et pour autant banale histoire de LV, mon lave-vaisselle Electrolux™, est une anecdote de la tragicomédie humaine.
Je ne sais ni où ni quand il « naquit », très probablement dans l’une des slaves et laborieuses économies de l’Union Européenne, qu’il quitta jeune, pour aller renforcer la force de vente de l’enseigne BUT… Guadeloupe de ses LED dernier cri et de ses tôles rutilantes. Les palmiers, les ti’punchs, et tous les trucs du premier paragraphe : c’est son kife, à LV (le lave-vaisselle). La seconde étape de son périple devait le conduire, cette fois après – seulement – trois mois de mer et presque autant d’océans, à la Réunion, et c’est du côté de Saint-Louis que je devais l’adopter, pedigree et attestation de vaccination à l’appui, en échange des deux tiers de sa valeur d’origine!
Mais les Tropiques, ça ce voit vite, c’est salé et c’est humide ; à l’instar des starlettes évoquées plus haut penseront sans doute les plus grivois… Mais revenons à notre baroudeur en carapace : lui, le salé et le mouillé c’est moins son kife ou celui de ses fragiles mais vaillants circuits slavo-sinois. Après quelques mois à faire ce qu’il doit, c’est l’indigestion, « E50 », la panne de la mort, et plus exactement celle de la carte mère! A deux mois de l’expiration de sa garantie, c’eut pu être pire. Mais de carte-mère, point de trace sur l’île. Commandée en métropole – au bout de la seconde tentative – auprès de l’antenne BUT locale, il lui faudra du coup trois mois et demi pour parvenir jusqu’à ma digne cuisine, en container comme le reste.
J’épargnerai ici au lecteur le récit détaillé du diagnostic éclairé, oeuvre du technicien monté gratuitement mais presque au péril de sa vie jusqu’à chez moi. Sachez seulement que selon toute invraisemblance – mais selon lui – les cafards, ces vilaines bestioles toujours prêtes à surgir de l’endroit où vous aviez le moins envie de les imaginer, auraient intentionnellement saboté les circuits de leurs sales et corrosifs excréments! Moi qui pensais que traverser les océans de part en part risquait de provoquer la corrosion d’une fragile électronique européenne, n’imaginait pas que ces vils insectes, capables de vivre encore une semaine après avoir été allégés de leur tête, puissent être les terroristes responsables de la corvée de vaisselle.
Enfin, depuis la semaine dernière, je profite à nouveau du plaisir décadent de ne plus faire la plonge, n’imaginant absolument pas combien l’existence de ce divin accessoire à pu participer, non pas à la propreté de mes casseroles, mais à El Niño / El Niña!

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